Index des noms de famille dans les ouvrages de Jean-Marie Thiebaud

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Articles: La généalogie de Xavier Marmier


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 Titre: La généalogie de Xavier Marmier
 Ecrit par: Jean-Marie Thiébaud

  La généalogie de Xavier Marmier (1808-1892)

par le docteur Jean-Marie Thiébaud, fondateur de l’Académie internationale de généalogie


Jean Marie Xavier Marmier, ancien élève des petits séminaires de Nozeroy (Jura), de Belvoir (Doubs) et d’Ornans (Doubs), docteur en philosophie, romancier, poète, bibliophile, voyageur polyglotte, traducteur des littératures du Nord, rédacteur en chef de la Revue germanique, conservateur puis administrateur général de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, propagateur en France de la langue et de la littérature allemandes, président d’un comité d’aide aux Acadiens, professeur de littérature étrangère à la faculté des Lettres de Rennes dès 1839, professeur de littérature pour deux filles du roi Louis-Philippe (Marie, née en 1813, et Clémentine, née en 1817), élu membre de l’Académie française le 19 mai 1870, membre de la commission du dictionnaire, décédé à Paris le 11 octobre 1892, naquit à Pontarlier (Doubs), 30, grande-rue (actuelle rue de la République) le 24 juin 1808. Il était fils de Jean François Xavier Marmier, né à Frasne (Doubs) le 7 mars 1778, décédé à Saint-Louis (Haut-Rhin) en 1851, soldat dans les armées de la République, secrétaire au commandement de la place de Besançon, clerc de procureur à Pontarlier pendant trois ans, surnuméraire et enfin receveur des douanes dans cette dernière ville. Sa mère, Marie Gabrielle Honorine Maillot, née à Pontarlier le 10 avril 1781, mourut à Saint-Louis en 1855. Elle avait épousé Jean-François Xavier Marmier à Pontarlier le 23.11.1803, en présence de Guy Étienne Donat de Mesmay (1681-1860), Charles François Roch Delamarche, négociant et banquier, Pierre Claude Rousselot, secrétaire de la mairie de Pontarlier, et François Ferdinand Colin (1754-1817), avocat en Parlement, premier adjoint au maire de Pontarlier, fils de Claude François Colin, ancien maire de Pontarlier et de Jeanne Barbe Michel (1718-1792).
Xavier Marmier eut deux sœurs :
- Marie-Louise dite Maria Marmier, née à Pontarlier le 30.06.1804, décédée à Saint-Amour (Jura) en 1889,
- Léocadie Marmier, née à Dambelin (Doubs) en 1817, épouse Guichard
et trois frères :
- Hyacinthe Marmier, né à Nods (Doubs) le 9 septembre 1812, décédé à La Clusaz (Haute-Savoie) le 18 septembre 1879, lieutenant-colonel aux chasseurs d’Afrique, général de brigade (7 juin 1865), commandant la subdivision de Médéah (Algérie) en 1868, général de division (31 juillet 1870), grand officier de la Légion d’honneur, mari de Fatma ben Messaoud ben Nazzar,
- Louis Marmier, né le 22 septembre 1815, professeur de philosophie puis inspecteur d’Académie, mari d’une Lonchampt,
- Joseph Marmier, né à Blancheroche (Doubs) le 20 septembre 1820, décédé le 28 juin 1871, élève de l’École Normale Supérieure (dont il sortit 3e) puis prêtre, professeur de rhétorique, économe, censeur, aumônier.
Xavier Marmier épousa à Pontarlier, le 8 mai 1843, Françoise Eugénie Pourchet, fille de François Hyacinthe Pourchet, né à Hauterive-la-Fresse (Doubs) le 21.04.1764, décédé à Pontarlier le 30.10.1831, et de Marie Égyptienne Clerc, née à Bugny (Doubs) le 27.12.1794, décédée à Pontarlier le 09.12.1835. Françoise Eugénie Pourchet mourut à Paris l’année suivante, à peine âgée de 19 ans, en mettant au monde une fille. L’écrivain ne se remaria pas et n’eut pas de descendance, son unique enfant étant mort-né. Ce double deuil explique sans doute en partie l’évolution du caractère de l’académicien pontissalien et la possibilité de quitter son Haut-Doubs natal pour ne cesser de voyager à travers le monde.
Les parents de ces six enfants, le couple Marmier-Maillot incarnait la parfaite alliance d’un homme issu de l’ancienne bourgeoisie rurale du Haut-Doubs, propriétaire de bonnes terres bien grasses s’accroissant à chaque génération, et d’une femme raffinée née dans ce qu’on appelait alors « la bonne société », c’est-à-dire l’élite citadine tirant sa fierté autant de son statut social que de ses origines, a fortiori lorsque celles-ci s’enorgueillissaient de quelques alliances nobles. Si le receveur des douanes pouvait revendiquer une ascendance de plusieurs générations composée exclusivement de laboureurs dont une branche trouva refuge à Rome pendant la guerre de Dix Ans et y fit souche1, mademoiselle Maillot était la fille de Nicolas Maillot, conseiller et procureur, né à Ornans (Doubs) le 15 avril 1731, décédé à Pontarlier le 15 mars 1794, et d’Honorine Boissard, née dans la capitale du Haut-Doubs le 26 novembre 1742, décédée audit lieu le 6 juillet 1816.
Nicolas Maillot était fils de Siméon Joseph Maillot2, né à Vuillafans (Doubs) en 1701, et de Gertrude Vieille. Les Maillot avaient été anoblis par Charles Quint au début du 16e siècle. Quant à Honorine Boissard, elle était née de Jean Antoine Boissard (1704-1763), conseiller du Roi, et de Marie Thérèse Quétaud (1710-1795), fille d’Antoine Joseph Quétaud, avocat du Roi, conseiller au bailliage de Pontarlier, et d’Anne Thérèse Petitregnaud.
C’est par l’ascendance de Jean Antoine Boissard que Xavier Marmier se rattache aux plus anciennes et aux plus illustres lignées de la province et du royaume. En effet, Jean Antoine Boissard était fils de Mathieu Boissard, seigneur de Doubs (1669-1724), lieutenant général au bailliage de Pontarlier, et d’Anne Claude de Blonay dont le mariage fut célébré à Évian (actuelle Haute-Savoie) le 9 juillet 1703.
Anne Claude de Blonay, née à Évian le 12 avril 1683, décédée à Pontarlier le 1er mars 1742, était la fille de Jacques, baron de Blonay (1637-1703) et de Suzanne Symon de Boisseaux3.
Le baron de Blonay descendait en droite ligne de tous les Blonay, originaires du canton de Berne et seigneurs du château de Joux, dont ils étaient devenus les maîtres, suite au mariage, célébré le 8 novembre 1322, entre Jacquette, dame de Joux, dernière du nom, avec Jean de Blonay, coseigneur de Vevey (Suisse). L’ascendance de Jacquette est connue et remonte sans difficulté jusqu’à Amaury de Joux et à son épouse Berthe dont la légende s’est emparée. Un auteur du 19e siècle l’a décrite enfermée dans une cellule du château sur ordre d’un mari vengeur. De retour de croisade, celui-ci l’aurait punie pour la prétendue infidélité dont elle se serait rendue coupable pendant sa longue absence. En réalité, comme cela est maintenant amplement démontré, Berthe, après le décès de son mari, s’était retirée à l’abbaye de Montbenoît où, des années plus tard, elle devait finir ses jours fort pieusement. La réalité étant moins séduisante que la fiction, les guides du château de Joux continueront à montrer aux visiteurs le prétendu cachot de Berthe où, accroupie en raison de l’exiguïté de la cellule, la malheureuse n’avait pour seule vue, à travers une meurtrière, que le corps de son amant pendu dans la forêt voisine. Puis les mêmes guides finiront par vous avouer que ce cachot n’était, selon toute vraisemblance, qu’une modeste réserve de la cuisine castrale.
Voici donc une première ascendance démontrant indéniablement le profond enracinement de Xavier Marmier dans la terre et l’histoire du Haut-Doubs et de la région de Pontarlier.
Une autre ascendance, tout aussi indiscutable, relie en ligne directe l’académicien pontissalien aux deux premiers capétiens par les Joux, les Montfaucon, les Joinville, les Vignory et les ducs de Bourgogne. Robert le Pieux et son père Hugues Capet représentent respectivement les 26e et 27e générations ascendantes retrouvées dans le long catalogue des ancêtres de Xavier Marmier.
Xavier Marmier descend aussi en ligne directe de Charlemagne, empereur d’Occident, avec lequel il possède 936 liens de parenté qui font de l’empereur son ancêtre par différentes lignées allant de la 30e à la 40e génération. Contentons-nous de reproduire la lignée la plus proche, celle qui réunit l’académicien à l’empereur en 30 générations.
Si la généalogie ne saurait être confondue avec la génétique, si l’hérédité est aussi et surtout culturelle, si Xavier Marmier, se sachant certainement issu des barons de Blonay (Anne Claude de Blonay étant la grand-mère de sa grand-mère maternelle), ne connaissait probablement pas ses liens avec les sires de Joux, les capétiens et les carolingiens, la science généalogique étant encore fort hésitante au 19e siècle, comment ne pas admettre sur sa personnalité l’influence de son milieu familial, de ses origines et de son ascendance le rattachant à l’histoire de la France et à celle de l’Europe entière ?
En passant en revue les 2210 quartiers connus de l’écrivain pontissalien, on compte dans ses ancêtres d’anciennes familles nobles de Pontarlier (les Lescot et les Cécile, seigneurs de Valdahon, les Colin, les Franchet qui donneront un maréchal de France, etc.) mais on constate que celui-ci descend aussi des empereurs de Constantinople et des empereurs du Saint-Empire romain germanique (ce qui est le propre de ceux qui peuvent se rattacher aux capétiens). On découvre enfin qu’il compte parmi ses aïeux des rois d’Écosse, de Pologne, du Danemark, de Suède et de Norvège, tous pays vers lesquels il s’est toujours senti attiré, tissant à travers ses récits de voyages, des liens forts entre l’Europe de l’Ouest et de l’Est avec une prédilection marquée pour les pays baltes et scandinaves et notamment pour la Finlande qui s’unit à l’Académie de Besançon et de Franche-Comté pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Xavier Marmier.

1 Une lettre de vente du 14 janvier 1682 cite « Nicolas Marmier, dudit Frasne, demeurant à Rome » (Archives départementales du Doubs, n° E –Familles – 2797).
2 Fils de Pierre Étienne Maillot (1660-1724), procureur fiscal à Vuillafans, et d’Anne Claude Petitcuenot (1662-1729), fille d’Antoine Petitcuenot, seigneur d’Hugier, et d’Anne Claude Amey.
3 Fille de Jean Antoine Symon de Boisseaux et de Barbe Huguette Rigaud du Tilleret, fille de Pierre Antoine Rigaud du Tilleret et de Bénigne de Tournond.




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