Index des noms de famille dans les ouvrages de Jean-Marie Thiebaud

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Articles: Ascendance de Josserand (16)


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 Titre: Ascendance de Josserand (16)
 Ecrit par: Jean-Marie Thiébaud

  Génération 10

640 Jean Thiébaud, o le 25 mars 1644, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), † le 5 avril 1724, Peseux (25), inh. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, laboureur et maître forgeron à Peseux
marié le 9 juin 1676, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), avec
641 Anne Ponceot, o le 29 mars 1654, Valonne (25), bapt. Vyt-les-Belvoir (25), † le 28 septembre 1724, Peseux (25), inh. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25).
dont :
1. Élisabeth Thiébaud, o 18.04.1679, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25). Mariée avec Guillaume Berçot
2. Pierre-Simon Thiébaud, o 17.11.1681, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), † 02.11.1757, Peseux (25), inh. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, laboureur. Marié le 15.10.1705, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, avec Claude Françoise Perrot, o 22.06.1682, Ebey, hameau de Belleherbe (25), bapt. Belleherbe (25), † 06.02.1757, Peseux (25), inh. le 07.02.1757, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, fille de Jean Perrot † 1705/ et de Jacque Françoise Pêcheur †/1705
3. Anne Claude Thiébaud, o 17.12.1685, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25)
4. Jean Noël Thiébaud, o 20.06.1687, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), † 31.07.1764, Peseux, inh. le 01.08.1764, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux. V. 320
5. Claude François Thiébaud, o 04.04.1690, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), † mai 1703, Peseux, inh. le 09.05.1703, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux. Tué accidentellement d'un coup de pistolet à Peseux (Doubs).
"Invités à un mariage sous l'Ancien Régime, les amis des jeunes mariés ont coutume de manifester bruyamment leur joie. Excités par la fête et le vin, ils chantent à se casser la voix, dansent avec toute l'énergie de leurs vingt ans, impatients de connaître à leur tour les joies de l'amour, tirent en l'air des salves de coups de fusil et de pistolet. Parfois même, ils vont jusqu'à organiser de véritables charivaris durant plusieurs jours. Depuis un quart de siècle, la Franche-Comté, bon gré, mal gré, est devenue française. Louis XIV, influencé par la vertueuse Madame de Maintenon, commence à cicatriser les dégâts de son âme. Si le souverain semble retrouver un soupçon de sérénité, les frontières sont en flammes : depuis un an, dans le cadre de la guerre de succession d'Espagne, l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Empire se sont ligués contre le royaume de France. Au sud, ce sont les camisards qui ont pris les armes contre les armées de Sa Majesté Très Catholique. Mais si l'on fait parler la poudre, si l'on tire à Peseux (1) en Franche-Comté en cette soirée du 8 mai 1703, ce n'est ni pour éliminer les protestants ni pour bouter l'Anglais hors du pays . C'est juste pour respecter les traditions et faire la fête comme on sait la faire depuis toujours dans notre province. Très noble messire Claude François COLIN DE VALOREILLE (2), chanoine de Saint-Hippolyte et curé de Chaux-les-Châtillon, ne vient-il pas, le matin même, de marier en sa vénérable église romane toute enluminée de fresques médiévales, un notable local. Le marié n'est autre que le sieur Jean Jacques Ferdinand BORRELET (né à Peseux le 02.05.1683, + audit lieu le 13.02.1749), grand maire de la seigneurie, futur notaire royal et juge-châtelain occasionnel de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche ? Ce fils du sieur Claude François BORRELET (né le 04.10.1632), maire de la seigneurie de Châtillon-sous-Maîche à Peseux, et de Jeanne REBILLOT, fille du meunier de Bief, a convolé en grande pompe avec demoiselle Françoise BOUCHARD (née vers 1679, + à Peseux le 14.02.1774), fille d'honorable Pierre BOUCHARD, de Charmoille (25). Les familles parentes et alliées (dont les THIÉBAUD, plusieurs fois descendants des BORRELET du XVI° s., et les FAIVRE DE COURCELLES, l'un d'eux ayant porté le futur notaire sur les fonts baptismaux) sont toutes là pour s'associer au bonheur des nouveaux époux. Il est huit heures du soir et l'on festoie depuis le milieu de la journée autour de tables dressées en plein air au centre du village. Des musiciens rythment la fête. Ce sont déjà les premières lueurs du crépuscule. Soudain, c'est l'accident, c'est l'imprévisible, c'est l'horreur : un des plus jeunes invités, Claude- François THIÉBAUD, âgé de douze ans selon les documents de l'époque (en réalité treize depuis un mois), vient de recevoir une décharge de pistolet en pleine poitrine. Sans dire un mot, il s'écroule contre la porte de grange des BORRELET. Le père de Claude François, ses deux frères aînés, Pierre- Simon et Jean-Noël, respectivement âgés de 22 et 17 ans, les invités et les mariés se précipitent mais c'est déjà trop tard : l'enfant est mort. Maître Jean THIÉBAUD (né à Peseux le 25.03.1644, + audit lieu le 05.04.1724) porte le corps inerte du dernier de ses fils que sa mère, Anne PONCEOT (1657-1724) baigne de ses larmes. Chacun s'écarte en silence. On se décoiffe avec un infini respect devant une telle douleur. La robe de la mariée est couverte de sang et certains y voient déjà plus qu'un mauvais présage. La fête si bien commencée vient de se terminer en tragédie. Celui qui a tiré avec un pistolet seulement chargé de poudre n'est autre qu'honorable Nicolas VYOTTE (VYATTE), de Rosières (3). En tirant une fois encore, il voulait lancer, à sa manière, un ultime « au revoir » à tous les autres convives avant de monter sur son cheval et de repartir chez lui, dans le village voisin. L'auteur de cette mort tragique est effondré. Ne vient-il pas de tuer accidentellement un être cher à son cour ? Les THIÉBAUD et les VYOTTE (VYATTE) sont amis et unis depuis des siècles. Pourtant, aveuglés par leur chagrin, les THIÉBAUD, sitôt les obsèques terminées à Chaux-les-Châtillon (4) dont les registres disent l'enfant « âgé de onze ans » (5) et « mort d'un coup de pistolet », déposent plainte devant les officiers de la seigneurie. Une enquête est ordonnée. Les conclusions en étaient connues d'avance : comme tous les invités avaient pu le constater de visu, le jeune Claude-François THIÉBAUD, en voyant Nicolas VYOTTE (VYATTE) prêt à tirer, s'était sauvé . Ce geste réflexe, trop courant chez les enfants et les adolescents, lui avait été fatal car c'est dans sa course qu'il était venu lui-même se placer dans l'axe de tir. Comme l'atteste le compte-rendu fort détaillé rédigé par le notaire Jacques Joseph BOUDARD, de Long Sancey (6) le 23.05.1703, Jean THIÉBAUD et son épouse, présente elle aussi bien que se déclarant incapable de signer, se montrent fort compréhensifs : « Ledit Thiébaud ne voulant point que ledit Vyotte (Vyatte) soit « incrimé » (sic) pour cet accident dont il est tout à fait innocent et dont tout le malheur et la faute se doit imputer à la précipitation et à l'imprudence de son jeune enfant, Et ne souhaitant pas que la chose se poursuive plus avant ny que ledit Vyotte en soit davantage molesté ; et d'ailleurs ledit Vyotte voulant aussi oter audit Thiébaud et à toute sa famille tout sujet de lui porter quelque haine, ou de ne le veoir qu'avec repugnance, et affin que lesdites parties et leurs familles vivent cy après en paix et amitié comme elle ont toujours vécu du passé, ny ayant jamais en entr'elles la moindre dispute, mais au contraire une sincère amitié qu'elles veulent conserver et entretenir . » s'engage, sous le sceau du roi, à payer la totalité des frais de justice à la baronnie de Belvoir. Il offre en outre à titre de dédommagement aux THIÉBAUD une somme de cent francs « en louis d'or, escus, demy escus et autre bonne monnoye ayant cours en ce pays », sans oublier « les frais funéraux dudit Claude François Thiébaud » ainsi qu'une somme complémentaire de deux écus (neuf francs, monnaie ancienne du comté de Bourgogne) pour acheter un chapeau à la mère de l'enfant. L'usage et le droit imposaient cette dernière clause afin de préserver les intérêts matériels de la femme qui, tout au long de sa vie d'épouse, ne gardait en propre que ses deniers dotaux. L'accord est signé à Peseux en présence de Claude PONCEOT, beau-frère de Jean THIÉBAUD, des sieurs Claude François et Jean-Jacques-Ferdinand BORRELET, père et fils, tous de Peseux (7). L'acte est enregistré le jour même au château de Belvoir par Jean Baptiste HUOT, notaire royal, tabellion de la baronnie. L'argent n'efface pas la souffrance mais, dans le droit fil de la jurisprudence romaine, toute lésion doit entraîner une juste réparation. En cas de blessures ou de décès purement accidentels, le civil se substituait entièrement au pénal, la priorité étant donnée à l'indemnisation de la victime ou de sa famille. Quant à Maître Jean Jacques Ferdinand BORRELET et à demoiselle Françoise BOUCHARD dont les noces avaient été si tragiquement endeuillées, ils devaient eux aussi connaître la douleur de perdre un enfant : une petite fille, morte de froid alors qu'ils la conduisaient en plein hiver à Chaux-les-Châtillon pour y être baptisée. Cette nouvelle mort ne fut pas tout à fait inutile puisqu'elle décida l'archevêque de Besançon à autoriser enfin la construction d'une église-fille à Peseux pour éviter aux nouveaux-nés des kilomètres dans la neige, quelques heures à peine après leur naissance, de crainte de voir se fermer pour eux les portes du paradis en cas de mort prématurée sans sacrement de baptême (8). (1) Peseux (25). (2) Son frère, Henri Colin de Valoreille, était grand veneur et chambellan de S.A. le prince-évêque de Bâle. (3) Rosières-sur-Barbèche (25). (4) Chaux-les-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (Doubs). Les obsèques ont été célébrées dès le lendemain, 09.05.1703. (5) Ce qui est une erreur manifeste puisque, en réalité, il est né à Peseux (Doubs) et a été baptisé à Chaux-les-Châtillon le 04.04.1690, ses parrain et marraine étant François Boiteux, de Peseux (Doubs), et Claude-Françoise Perrot, de Saint-Hippolyte (Doubs). (6) Sancey-le-Long (25). Le linteau de la porte de la maison natale de Sainte Jeanne-Antide Thouret porte les armoiries de cette famille Boudard qui donna plusieurs officiers à la baronnie de Belvoir. (7) Arch. Départ. du Doubs, n° 3 E 48, 80. (8) Dictionnaire des Communes du Doubs, V, p. 2492.
Extrait d'un article du Dr Jean-Marie Thiébaud, paru dans le Bulletin du Centre d'Entraide Généalogique de Franche-Comté sous le titre : « Le prix des noces de sang en Franche-Comté ».
6. Blaise Thiébaud, o 06.04.1692, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25)
7. Anne Marie Thiébaud, o 01.10.1693, Peseux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux (25), † 06.10.1756, Peseux, inh. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux. Mariée le 06.09.1719, Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, avec Alexandre Ignace Jeansire, o 29.11.1687, Neuvier, Les Terres-de-Chaux (25), bapt. Chaux-lès-Châtillon, Les Terres-de-Chaux, † 1745, laboureur, échevin de Neuvier fils de Jean Charles Jeansire et Anne Symonot.





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