Index des noms de famille dans les ouvrages de Jean-Marie Thiebaud

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Articles: PISSENAVACHE (commune de BIANS-LES-USIERS)


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 Titre: PISSENAVACHE (commune de BIANS-LES-USIERS)
 Ecrit par: Jean-Marie Thiébaud

  Inventaire des archives du hameau de Pissenavache
1196-1836 (résumé)


Le hameau de Pissenavache se situe sur un beau plateau entre Bians-les-Usiers et La Vrine, dans un immense et magnifique écrin de verdure et de forêt luxuriante.

Les archives du hameau de Pissenavache (qui dépend actuellement de la commune de Bians-les-Usiers) sont pour la plupart reliées en trois volumes. Elles renferment essentiellement de nombreux procès relatifs au droit de parcours du bétail dans les communaux de Val d'Usier, à la banalité du moulin d'Ouhans et à la forêt dite de l'Age.

A l'appui de ces procès ont été produits de nombreux titres dont le plus ancien est la confirmation par Amédée de Tramelay, archevêque de Besançon, de la donation faite au profit des religieux de Mont Sainte-Marie par Henry, sire de Joux et d'Usier, en 1196. Cette aumône, faite pour le repos de l'âme des ancêtres de ce seigneur, comprenait en particulier une terre au lieu dit Curcus où seront plus tard construites les granges de Pissenavache. Elle fut confirmée en 1206 par le pape Innocent III.

Hugues, seigneur d'Husier, Guy d'Arbois, Henry, seigneur d'Usier, Richard de Montbéliard, sire de Montrond, et Jacques de Rénédale, confirmèrent et accrurent cette donation entre 1237 et 1310. Pour sa part, Othon, comte palatin de Bourgogne et seigneur de Salins avait reconnu les propriétés de l'abbaye de Mont Sainte-Marie le 18 février 1287.

Relevant de la juridiction et de la seigneurie de Mont Sainte-Marie, les habitants de Pissenavache furent dispensés de faire guêt et garde au château d'Usier en 1420.

Lorsque les villages de Goux, Bians et Sombacour qui ne formait initialement qu'une seule communauté décidèrent de se séparer en 1717, les fermiers de Pissenavache refusèrent de s'associer à ce partage et continuèrent à jouir d'un droit de parcours sur l'ensemble des communaux du Val d'Usier. Ce droit leur fut reconnu par le parlement de Franche-Comté le 14 juin 1719 à la demande des religieux de Mont- Sainte-Marie. Le marquis Charles de Monnier, seigneur de Noironte, Premier Président de la Chambre des Comptes de Dole et l'un des principaux seigneurs de Val d'Usier avait été admis comme intervenant dans ce procès.

Si les tenanciers des granges de Pissenavache purent jouir en toute quiétude de ce droit de parcours jusque dans les premières années de la Révolution, il n'en fut plus de même sous le Consulat de l'Empire. Multipliant les procès-verbaux, les communes de Goux et de Sombacour intentèrent de nombreux procès contre les habitants de Pissenavache qui, condamnés par la justice de paix du canton de Levier, durent faire appel devant le tribunal de Pontarlier. Ce dernier les maintint dans leurs droits le 5 juillet 1811.

Le second grand procès contre les habitants de Pissenavache fut porté devant la Chambre des Comptes de Dole en 1674 par Jean-Claude et Jean-Antoine Nicod, amodiateurs de la seigneurie d'Usier, qui voulaient contraindre les fermiers de Pissenavache à faire moudre leurs grains dans les moulins banaux d'Ouhans. Dans leur défense, les fermiers exposèrent que le Val d'Usier était en réalité composé de nombreux fièfs appartenant au prince d'Orange (à cause de sa seigneurie de Montmahoux), au marquis de Varambon (à cause de sa seigneurie de Château-Vieux), au sieur Bougey, en raison d'une acquisition faite du seigneur de Watteville (ledit Bougey possède même un moulin banal pour ses propres sujets), au sieur Maillot (à cause de sa seigneurie de Provenchère qui comprenait plusieurs mainmortables), aux abbés de Mont-Sainte-Marie (à cause de leur grange de Pissenavache), aux pères bénédictins de Mouthier, aux abbés de Montbenoît, etc. Comme par le passé, les habitants de Pissenavache continuèrent à faire moudre leurs grains dans les moulins de leur choix.

Quant à la forêt dite de l'Age, elle avait été concédée aux habitants du hameau de Pissenavache en 1549. Ce premier acte passé devant le notaire Baud fut confirmé par les échevins et les habitants des villages du Val le 2 mars 1621, moyennant une somme de 100 francs destinée à la confection de balustrades dans l'église paroissiale d'Usier. Le traité de 1621 prévoyait expressément que le bois de l'Age était "de ban et de repargne" (c'est-à-dire de réserve) et qu'il ne pourrait jamais être aliéné. Désormais, tous les habitants de Pissenavache, qu'ils soient nés dans ce hamau ou qu'ils y aient fait leur résidence principale, eurent droit aux affouages correspondants.

Arguant de cette propriété des habitants du hameau de Pissenavache, la commune de Bians tenta, mais en vain, d'exclure lesdits habitants du hameau de leurs droits sur les autres forêts communales.

Parmi les autres archives de Pissenavache, notons la fondation de quatre messes annuelles à célébrer par le curé dans la chapelle érigée dans ce hameau. Cet acte du 17 avril 1680 hypothéquait cette fondation sur la forêt de l'Age et confirmait anisi les droits des habitants sur ce bois.

Docteur Jean-Marie THIEBAUD




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