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Articles: LE MUSÉE HISTORIQUE DE LA PRISON DE SEODAEMUN - SÉOUL


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 Titre: LE MUSÉE HISTORIQUE DE LA PRISON DE SEODAEMUN - SÉOUL
 Ecrit par: Jean-Marie Thiébaud

  LE MUSÉE HISTORIQUE DE LA PRISON DE SEODAEMUN (1)
SÉOUL – CORÉE DU SUD

Pour rappeler aux nouvelles générations ce que fut l'occupation de la Corée par les Japonais jusqu'en 1945, des expositions mettent en valeur les actions héroïques des résistants qui les conduisirent à la prison et parfois au gibet ou à la mort sous les tortures. le musée de la prison de Seodaemun est l'un de ces lieux du souvenir.

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Parmi les lieux qui perpétuent le souvenir de l'occupation de la Corée par le Japon, il en est un que les Séoulites ont tenu à conserver à titre de témoignage pour les nouvelles générations (comme l'a voulu le maire de Seodaemun-gu, un des quartiers de la métropole coréenne) : la prison de Seodaemun, ouverte depuis le 21 octobre 1908 sous le nom initial de Gyeongseong Gamok. Cet établissement pénitentiaire porta successivement les noms de Seodaemun Gamok (3 septembre 1912), Seodaemun Hyonhmuso (prison de Seodaemun) (5 mai 1923) avec érection cette même année de tours de guet en brique pour empêcher toute tentative d'évasion, Seoul Hyonhmuso (prison de Séoul) (21 novembre 1945), Seoul Gyodoso (23.12.1961) et Seoul Guchiso (7 juillet 1967).
Seodaemun Guchiso fut transféré à Uiwang-si dans la province de Gyeonggi le 15 novembre 1987 et, dans les murs de l'ancienne prison de Séoul, on ouvrit, le 5 novembre 1998 un musée de la résistance à l'envahisseur japonais.
Les locaux actuels semblent encore enfermer les cris de ceux, dont de nombreux étudiants de l'université nationale, qu'on torturait et qu'on exécutait. Les bâtiments 10, 11 et 12, construits en 1915, ont été classés site historique n° 324.
Pour accéder à la prison de Seodaemun, le plus simple est d'emprunter la ligne 3 du métro, de descendre à la station Dongnimmun et de prendre la sortie fléchée qui mène au parc de l ‘indépendance de Seodaemun. Non loin, se dresse la vieille porte de Dongnimmun, elle-même surplombée de nos jours par des voies expresses, le béton étant l'une des caractéristiques de la ville de Séoul (rappelons, pour mémoire, que la Corée du Sud, est le pays qui, au monde, utilise le plus de béton par habitant).
Le musée présente diverses expositions et notamment des lettres de prisonniers adressées à leurs familles avec leurs exécutions. Des projections vidéos tentent de nous faire revivre les heures tragiques de la prison. Pour faire plus vrai, on entend en fond sonore les rires, les ordres et les insultes des gardiens japonais. Des dessins montrent les divers types de tortures qu'on pratiquait (supplice de l'eau par entonnoir ; aiguilles plantées sous les ongles, etc.) tandis que des cellules étroites étaient réservées à des prisonniers qui devaient garder la position debout.
La salle des exécutions par pendaison possède une trappe où on laissait tomber les cadavres après avoir sectionné la corde de leur supplice. On les évacuait ensuite par un souterrain jusqu'au cimetière voisin.
Certains pourront trouver qu'on fait preuve dans cette prison-musée d'une volonté démagogique trop marquée de démontrer la résistance du peuple coréen aux colonisateurs japonais. Une façon peut-être de faire oublier des points historiques douloureux ou particulièrement sensibles relatifs non seulement à la collaboration (plus ou moins forcée) de nombreux Coréens avec l'occupant mais aussi au fait que c'est le premier ministre de Corée, des hauts fonctionnaires et des membres de la famille impériale qui ont purement et simplement livré le pays à l'empire du Japon entre les années 1905 et 1910.
Dernier point et pas des moindres : les Japonais ont quitté la Corée après leur défaite de 1945 et la prison de Seodaemun est cependant restée ouverte jusqu'en 1987. Pendant ces 42 années, quid de son utilisation par le pouvoir politique pour réduire au silence ses opposants et tous ceux qui aspiraient à davantage de démocratie ?

(1) Prononcer So – dè – moun.




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