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Articles: LA PREMIERE ECOLE PUBLIQUE FRANCAISE DE SEOUL


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 Titre: LA PREMIERE ECOLE PUBLIQUE FRANCAISE DE SEOUL
 Ecrit par: Jean-Marie Thiébaud

  LA PREMIÈRE ÉCOLE PUBLIQUE FRANÇAISE DE SÉOUL

Neuf ans après le traité d'amitié, de commerce et de navigation signé entre la 3e République et le royaume de Corée le 4 juin 1886, Collin de Plancy, chargé d'affaires de la France à Séoul, demanda à Émile Martel (né le 4 décembre 1874, † à Séoul le 19 septembre 1949, inhumé au cimetière international de Hapjeon Dong), ancien élève de l'École des Mines, de fonder une école dont le jeune consul italien Carlo Rossetti dira le plus grand bien, précisant : « elle est assurément une des mieux organisées et on en tire les meilleurs résultats » (Carlo Rossetti, « La Corée et les Coréens », 1905, p. 360).
Les cours de français écrit et parlé (dictée, analyse grammaticale, composition française, syntaxe, conversation et traduction de textes français en coréen et de textes sino-coréens en français), d'arithmétique et de géographie, dispensés le matin de 10 heures à midi trente en français, se poursuivaient l'après-midi avec deux heures de chinois (données par un professeur coréen désigné par le ministère de l'Instruction publique), sans oublier une heure de gymnastique sous les ordres d'un officier de la garnison de Séoul.
Quelques années à peine après l'ouverture de l'école, celle-ci avait déjà fourni une quarantaine de hauts fonctionnaires à l'administration coréenne dont deux interprètes de la maison impériale, un interprète du ministère des Affaires étrangères, des cadres des Mines et de la direction des Chemins de fer, ainsi que des secrétaires de trois légations coréennes à Paris, Berlin et Saint-Pétersbourg.
Pleinement satisfait de ce brillant palmarès, Émile Martel pouvait affirmer : « Ce n'est pas sans un légitime orgueil qu'il nous est permis de constater que la Corée est un des rares pays de ces régions où la langue française, et par conséquent aussi un peu l'esprit latin, a pu pénétrer avec succès » (« La Corée et les Coréens », p. 362).
Charles Martel, né à Séoul en 1909, fils d'Émile et d'Amelia Eckart, deviendra secrétaire du consulat général de France. Fait prisonnier par les Nord-Coréens le 13 juillet 1950, il a décrit avec le consul Charles Georges Perruche (1916-1984) ses trois années de détention dans les camps communistes sous le titre « Prisonniers français en Corée » dans les Cahiers d'Histoire Sociale, n° 3, Paris, Albin Michel, 1994.
Quant à la première école laïque française fondée à Séoul par son père, elle avait fermé ses portes en 1910 lors de l'annexion du pays par les Japonais. Les bâtiments de Chongdong, dans la rue qui mène à l'ancienne Cour de Cassation (devenue musée municipal), ont été entièrement rasés. Seule une plaque de marbre, en face du couvent des franciscains, rappelle son emplacement. Son texte écrit en coréen et en chinois peut se traduire ainsi :
« Site de l'École publique française. Lors de l'ouverture du pays, le français y était enseigné (1895-1910) ».


Jean-Marie Thiébaud, Séoul, 27 novembre 2005.





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